J'ai toujours aimé lire dans mon enfance et j'ai commencé à écrire à partir de mes 14 ans. Je considère cependant écrire sérieusement depuis 2017 et j'ai commencé mon premier roman en 2019.
L'écriture est la forme de langage que je préfère car là où les paroles sont instantanées, l'écrit laisse un temps de réflexion. Je peux mieux choisir mes mots, et mes phrases ont parfois plus de sens quand elles sont posés à plat. L'écrit laisse une trace aussi, plus facilement que les enregistrements.
Mes thèmes de prédilection (ou qui reviennent souvent) sont ceux de la solitude, l'amitié, la quête du sens et l'observation du monde. Dans ce que j'écris, on retrouve parfois la personnification des objets ou des idées où je peux en faire des allégories. Certains textes s'adressent aussi à un interlocuteur absent, toujours pour appuyer de manière souvent péjorative la solitude.
J'aime diversifier mon approche dans ce que je veux faire transparaître comme émotions, même si j'écris rarement des poèmes en vers et privilégie plus les poèmes en prose.
Parmi les âmes tombés au sol, je vois leurs dents acérées
Je me tiens assise dans les débris d'une ville tombée en ruines
Les feux qui crépitent ressemblent à des feux follets prêts à percer la lumière
On m'a dit "bats toi" mais ce que je vois est mon arme usée prête à se briser
De la bave jaunâtre coule sur leurs lèvres pendant qu'ils me voient
Ils parlent mais je ne comprends pas ce qu'ils disent
Je n'ai pas besoin de courir ou me cacher
Parce qu'ils ne peuvent même pas me toucher
Fusil sur l'épaule et chapeau d'un noir profond sur la tête
Il porte le deuil sur ses lèvres noires alors qu'il marche la tête baissée
Il est condamné à mourir parmi les défunts
Mais ce n'est pas lui la proie. C'est moi
La mort est terrible en observant ces chairs profanées
Tous ces corps sont des pantins condamnés par la lune écarlate
Et pourtant je me demande ce qui les pousse à vouloir dévorer
Quand moi qui suis en vie meurs d’envie d'abandonner.
Vous avez vu le sol trembler, jonché de cadavres. Votre esprit est aspiré par la force du vent et par
l'odeur du souffre que les Enfers ont provoqué ici. Vous êtes par terre comme attiré par la mort mais elle
ne vient pas. Non à la place vous vous réveillez dans une forêt au milieu de nulle part, mais ce n'était pas
un rêve. Elric de Melniboné, le Théocrate Jagreen Lern, Yyrkoon. Tout ces noms sont inconnus des
oreilles des habitants qui croisent votre chemin. Mais vous les connaissez si bien, ils résonnent tellement
à vos oreilles que vous avez l'impression que le monde s'écroule à nouveau dès que vous prononcez ces
noms. Qu'est-ce que vous faîtes là ? Alors c'est cela l'Enfer ? Où sont les personnes que vous aimez et
que vous avez vu mourir sous les grosses silhouettes des flammes ? Vous ne savez pas, vous ne savez
plus. Les étoiles sont toujours là, le sol n'est pas éclaté et à l'évidence la mort n'est pas venue pour vous.
Le passé lui si.
Vous avez compris. Vous ne savez plus qui vous êtes, quelle heure il est et quel jour il est mais c'est à
peine si c'était un détail. Vous savez. Le monde explosera, le temps est compté. Personne ne vous croit
parce-que personne ne veut voir ce que vous avez vu. Peut-être êtes-vous fou, peut-être êtes-vous
prophète mais une chose est sûre : votre compte à rebours est lancé.
Dans les rives de mon cœur enchaîné, je te vois danser
Les vagues ne t'emmènent pas comme elles le devraient
Sur cette vaste plage d'hiver, tu défies les galets
Tu les regardes d'un air amusé.
J'y vois des nuages quand tu vois le soleil doré
J'y ressens la douleur quand tu entends les mouettes voler
J'y écoute le bruit assourdissant quand tu admires un poisson nager
Le vent m'amène des frissons mais toi tu l'acceptes à bras ouverts
Ma peine trouble ma vision mais heureusement que tu es là.
Les paillettes scintilleront dans mes yeux quand nous chercherons les plus beaux galets et coquillages
Dans cette plage du Havre
Je marche là seule sous les nuages bas et noirs.
Les arbres qui meurent, les trottoirs troués et les feuilles mortes sont mon paysage ainsi que des immeubles carrés, rectilignes, parallèles les uns aux autres et sans vies qui se tiennent immobiles en face de moi.
Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'un jour ces immeubles s'effondreront et que les arbres tomberont à cause de leur fragilité, de leur sensibilité.
Et moi je serai au milieu de ces ruines, toujours là à marcher et à regarder autour de moi en ne voyant que la laideur de cette ville sans bienveillance, sans saveur.
Sur mon chemin, je vois le port.
Les barques sont trouées, noyées, abandonnées. Il y en a tellement qu'elles deviennent des oeuvres d'art, une d'entre elles trônant devant les docks.
Elle est noyée, blessée, moquée mais elle est admirée comme une bête sauvage par les pêcheurs avec leurs filets. Sous le ciel d'une nuit étoilée, voilée par les nuages, je suis sûre qu'elle brille. Je suis sûre qu'elle n'est pas fière d'être reconnue comme étant celle brisée parmi les milliers d'autres comme elle mais je sais qu'elle sera réparée un jour. Je l'espère.
Je vois aussi les pêcheurs vieux, désespérés, sans rien à quoi s'accrocher sauf l'océan noirci par la pollution. Ils se disent fiers, autour des porte-conteneurs et ces énormes caisses toujours là à cacher le ciel et la mer mais je peux apercevoir leur tristesse. Ils peuvent s'acharner sur les barques, transporter autant de grosses caisses qu'ils veulent pour avoir la plus grosse paie, le plus de reconnaissance mais il seront toujours vides. Toujours là à chercher un but qu'ils accomplissent par procuration. Moi je flotte, je tombe mais j'avance.
Mon chemin est tracé par le chemin que les hommes ont construit qui mène vers là où je devrais aller. Là où il y a tous les restaurants, les poteaux et les touristes qui cherchent à prendre la plus belle photo possible autour des grues, du chahut et du chantier.
Mais je préfère prendre une autre direction, je préfère m'éloigner des infrastructures pour aller dans la nature. Je préfère la paix au bruit, je préfère le ciel bleu au tourbillon du vent.
Je prends une autre direction mais elle me mène vers un autre trottoir où marchent des personnes méfiantes et fuyantes. Je comprends qu'il ne faut pas dire bonjour. Un regard et elles provoquent la pluie, une pluie acide qui transforme les trottoirs en lac.
Alors je continue mon chemin, le plus loin possible et je me dirige au centre-ville avec un rond-point montrant de multiples directions menant, sans exception, sur des rues sombres. Les magasins sont vieux, les mendiants ont des chemises trouées et sont méprisés par les voitures aussi bruyantes les unes que les autres.
J'ai compris que le seul moyen pour moi de trouver ce que je venais chercher était de partir de cette ville hostile, laide et déprimante.
A l'entrée du port est écrit « Bienvenue au Havre, Welcome to Le Havre ».
Bienvenue au Havre.
C'est comme si tout s'effondrait autour de moi.
Quand j'y pense cela me brise le coeur.
Qui aurait cru que ça m'aurait touché à ce point là ?
Même après tant de temps, j'ai encore peur...
Aujourd'hui je me fais belle.
J'ai décidé de mettre ta robe préférée, les chaussures noires que tu aimes tant et ton enfantin collier de coccinelle.
Je me suis même maquillée, j'ai mis du rouge à lèvres rose et du far à paupières gris parce-que tu m'aimes bien comme ça...
Alors viens, prends-moi la main.
Je briserai le mur pour toi.
Aujourd'hui je marche dans le parc des regrets, celui où tout le monde marche et que tout le monde déteste.
Mais moi, je l'aime bien comme ça.
J'admire tous ces arbres qui cachent le soleil, soleil que tout le monde adore sans même comprendre ses mystères mais toi, tu l'aimes bien comme ça.
Et je marche sur le trottoir des milles raisons, là où les voitures passent et là où passent les saisons.
Sans doute, là où tu m'attends.
Je ne regarde même plus le monde autour car tout semble vide, tout manque de sens et tout devient gris, il n'y a que toi qui peux réanimer la vie ici.
Je prends la voiture et je roule dans la forêt et fais un détour en ville.
Parce-qu'il faut que je t'achète des fleurs roses et jaunes, celles que tu préfères et celles qui ravivent ma peine, juste pour te faire plaisir.
Il suffit d'un rond-point, d'un virage et d'un panneau pour que je puisse te voir au-delà du mur immense qui semble me séparer de toi.
Je marche dans l'allée des mille souvenirs, allée où tout le monde meurt, celui que tout le monde méprise mais moi, elle me rend si triste.
Je n'ose même plus regarder ces tombes de mort, là où ceux qui trépassent veulent juste nous faire peur mais toi, tu en fais partie.
Alors je pose les fleurs sur toi. Est-ce que tu les aimes ? Je ne sais pas.
Je ne peux même plus te voir car il y a ce mur que je ne peux pas brisé qui nous séparent.
Qui c'est ce que tu deviens maintenant ? Une vie qui existait autrefois mais qui n'est plus à présent.
Tu ne peux plus te répéter comme avant.
Tu es peut-être morte pour la plupart de ceux qui t'ont vécu mais pour moi tu vis encore.
Tu vis dans ma tête et dans mon coeur. Et si je pouvais te ressusciter alors je le ferais.
Mais je ne dois pas être seule ici pour te redonner la vie. Et personne n'est là car ils sont trop loin maintenant.
Alors je te rendrais visite quand je pense à toi.
Tu seras mon éternel tourment jusqu'à ce que tu t’évanouisses.
Et je sentirais mille émotions pour que tu puisse rire avec moi.
Maintenant que tu n'es plus là, je prendrai soin de tes fleurs.
De ce jardin de nous et de ces images de nous que tu représentes et qui jaillissent.
Oui, je t'aimerais jusqu'à ce que tu deviennes une peine trop immense, encore.
Jusqu'à ce que tu deviennes une maladie.
Et même là, je continuerai à t'embellir, mais cette fois, je le ferai pour que tu puisses t'enfuir.
Et ainsi je me mettrai à genoux, devant ta tombe imaginaire, en t'implorant de toutes mes forces de partir et de disparaître, de te noyer dans le passé pour laisser place au présent et à la réalité.
Je te laisserai partir pour que tu ne puisses plus revenir. Enfin.